|
Plus
de deux millions de Canadiens ont le diabète. De ceux-là,
environ 10 % ont un diabète de type 1, où
l'organisme cesse de produire de l'insuline, qui est
nécessaire pour convertir le sucre en énergie. Les 90 %
qui restent ont un diabète de type 2, où l'organisme
ne produit pas assez d'insuline, ou n'utilise pas bien
l'insuline qu'il produit.
Les
deux types de diabète peuvent être lourds de conséquences
pour ceux qui en sont atteints, d’une qualité
de vie amoindrie à un risque plus élevé de maladie cardiaque,
d'accident vasculaire cérébral, d'atteinte rénale, de
cécité, d'amputation et autres complications susceptibles
de diminuer l'espérance de vie. Mais les progrès de
la science rendent la vie des diabétiques plus facile
aujourd'hui, aussi bien pour la gestion de leur maladie
au quotidien qu'en matière de soins de longue durée.
Par
exemple, les personnes ayant un diabète de type 1
(et certaines personnes ayant un diabète de type 2)
doivent être traitées à l'insuline pour assurer l'équilibre
du glucose dans le sang. Pendant des années, cela voulait
dire plusieurs piqûres par jour. Mais aujourd’hui,
de nombreuses options s’offrent aux personnes
ayant besoin d'insuline, qu'il s'agisse des modes d’administration
ou du dosage.
Santé
Canada a récemment autorisé la mise en marché d'une
nouvelle insuline à action prolongée, plusieurs années
après que cette dernière eut été autorisée aux États-Unis
et ailleurs. Cette nouvelle insuline est injectée seulement
une fois par jour et donne de meilleurs résultats sur
le plan de la stabilité des niveaux d'insuline que les
versions disponibles jusque-là.
Il
existe également un vaste choix de modes d'administration
de l'insuline, qui vont bien au-delà de la traditionnelle
méthode de la seringue et de l'aiguille. Parmi ceux-là,
citons les stylos à insuline et les pompes, qui délivrent
un volume constant d'insuline chez les personnes ayant
besoin d'une thérapie plus intensive. D'autres systèmes
d'administration de l'insuline font actuellement l'objet
de recherches, notamment un timbre dermique, des pompes
à insuline à implanter sous la peau, des vaporisateurs
oraux et des pilules.
La
science progresse également à pas de géant sur le plan
de la gestion à long terme du diabète, et certains traitements
pourraient aboutir à une cure. Par exemple on a constaté,
en compilant les résultats de 136 études, que les
traitements chirurgicaux de l'obésité, tels que l'agrafage
de l'estomac, avaient éliminé le diabète de type 2
chez près de 77 % des patients opérés.
Parallèlement,
la plupart des recherches sur le diabète de type 1
ont porté sur les greffes d'organes et de cellules susceptibles
d'éliminer la nécessité des injections d'insuline. Dans
le cas du diabète de type 1, le système immunitaire
du patient attaque les cellules bêta du pancréas qui
produisent de l'insuline. Les recherches ont donc naturellement
porté sur les moyens de restaurer le niveau de cellules
bêta, que ce soit par une greffe du pancréas ou par
l'insertion de ces cellules spécialisées.
La
première greffe du pancréas a eu lieu en 1966, mais
à l’époque, les taux de réussite étaient bas.
Certes la plupart des personnes ayant subi une transplantation
n'ont plus besoin de prendre de l'insuline, mais elles
doivent prendre des immuno-suppresseurs jusqu'à la fin
de leurs jours afin d'éviter un rejet du nouvel organe,
risque qui demeurait élevé avec les immuno-suppresseurs
plus anciens. Les progrès réalisés grâce à ces nouveaux
médicaments ont fait augmenter le nombre de transplantations
réussies chaque année. Mais étant donné que les pancréas
utilisés pour les greffes sont prélevés sur des donneurs
qui viennent de mourir, ces organes sont rares, ce qui
limite la quantité de greffes possibles.
En
conséquence, les chercheurs ont dû imaginer d'autres
moyens d'obtenir les mêmes avantages. Ils ont concentré
leurs efforts sur la création d'un pancréas artificiel
implantable, muni d’un ordinateur pour mesurer
le glucose sanguin ainsi qu'une pompe à insuline.
Les
chercheurs s'intéressent également aux cellules produisant
l'insuline. Des médecins de l'université de l'Alberta
à Edmonton ont implanté avec succès ces cellules chez
des diabétiques de type 1. Mais là encore la procédure
a ses limites : il faut environ un million de cellules
productrices d'insuline pour une transplantation réussie,
ce qui signifie que deux pancréas sont généralement
nécessaires pour obtenir ce nombre de cellules.
Par
ailleurs les chercheurs travaillent activement à l’élaboration
d'une source de cellules plus abondante, par exemple
des cellules en provenance d'animaux ou des cellules
souches qui pourraient être adaptées pour produire de
l'insuline. Une étude récente a montré qu'il était possible
d'utiliser des cellules d'un seul pancréas pour une
transplantation réussie. Toutefois des recherches plus
approfondies sont nécessaires. Des chercheurs japonais
étudient aussi la possibilité d'avoir recours à des
donneurs vivants.
Avec
tant de pistes prometteuses dans la recherche sur le
diabète, peut-on penser que le diabète sera un jour
vaincu? Ne rêvons pas trop pour le moment, particulièrement
en ce qui a trait au diabète de type 2. Pour l'instant,
l'accent est mis sur la prévention et la gestion.
À
l'heure actuelle, il n'existe aucun moyen de prévenir
le diabète de type 1. Néanmoins, les experts craignent
que le mode de vie d'aujourd'hui, marqué par la sédentarité
et les portions gargantuesques, ne conduise à une explosion
du diabète de type 2. Si vous n'avez pas le diabète
de type 2, souvenez-vous que l’excès de poids
et le manque d'exercice sont les principaux facteurs
de risque de cette maladie.
Que
vous ayez le diabète de type 1 ou de type 2,
rappelez-vous que la meilleure façon de diminuer les
risques de complications consiste à contrôler votre
taux de glucose sanguin au moyen de votre régime alimentaire,
de l'exercice et, pour ceux qui ont le diabète de type 1
– et certaines personnes atteintes de diabète
de type 2 – des médicaments.
|